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La rébellion, le MLNA, et l’ingérence programmée

samedi 7 avril 2012, par farid

Le mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA) a donc réalisé ce que son nom indique, et proclamé l’indépendance du nord-Mali. Après avoir pris les villes du nord du pays, et la scission du pays officialisée par son porte-parole, les médias européens couvrent largement l’évènement. Nous ne rapporterons donc pas ces opinions, très accessibles sur internet, mais plutôt les raccourcis réalisés dans ces articles qui sont assez remarquable.

L’assimilation quasi-systématique du mouvement à l’AQMI et Al-quaida, les "supporteurs du dictateur Kaddhafi" sont des simplifications orientées, qu’on peut entendre et lire. Derrière les formules journalistiques ("... sous influence d’éléments d’AQMI"), il y a volonté d’effrayer - alors que le mouvement, social, politique, et symptomatique d’une plaie ouverte depuis plus de 30 ans.

La bande Sahélienne est à large prédominance islamique. Ce n’est pas la proclamation d’un état islamique qu’il faut retenir, mais plutôt la proclamation d’un état tout court, et se poser la question du pourquoi. Nos yeux d’Européens, dans la poussière du nord Mali, s’inquiètent donc de voir l’Islam remplacer l’Islam, et s’étonnent que la population ne s’en offusque pas (allusion à un reportage aux informations de 20h de France 2).
La politique n’est pas en reste, devant un Mali débordé, une population au bord du gouffre et une situation sanitaire et humanitaire catastrophique, le problème d’une indépendance semble agiter la politique française en particulier.

Triste constat : les touareg parmi les autres populations du Sahel, ne sont pas partis en Libye par idéal. Les régions du nord n’ont quasiment pas évolué depuis les années 2000, et le développement quasi inexistant dans ces contrées, a sûrement plus contribué aux évènements qu’une mouvance extrémiste. Il faudra donc s’attendre aux même erreurs de fin du 20ème siècle, comme si rien n’avait été appris des dures années au Sahel. Les menaces d’une nouvelle vague de violence étaient latentes, mais la vitesse à laquelle le nord est tombé reste remarquable.

Finalement pour la première fois, les deux Mali sont gravement et officiellement malades. Un regard sur l’histoire est nécessaire pour ne pas repartir pour dix nouvelles années de guerre larvée, et un nouveau frein au développement au Sahel.

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