Accueil > Nouvelles du Sahel (Mali, Niger) > La famine menace les populations sahéliennes et touarègues du (...)

Halte à l’indifférence

La famine menace les populations sahéliennes et touarègues du Niger

vendredi 21 avril 2006, par Faiza

L’indifférence est générale face à des corps silencieux, qui ont faim, à des morts lentes. Cet état est indigne et innommable à notre époque. Nous réitérons l’appel pour sortir du mutisme qui nous rend complices de la misère insoutenable qui s’abat sur ces populations et qui tue femmes, enfants et vieillards devant le silence général.

C’est à se demander pourquoi la presse ne se mobilise t-elle pas comme pour le tsunami, elle couvre bien des faits divers. Quels-sont donc les enjeux qui se cachent derrière ce mutisme ?

Donnez l’information autour, c’est scandaleux. Il faut continuer à sensibiliser autour de cette famine et cette indifférence et que les associations agissent vite.
f. seddik

Texte mis en ligne par Alkassoum Ibrahim dans le forum toureg groupe et que je reprends sur notre site pour faire circuler l’information.

La nouvelle est tombée comme un couperet : la presse
internationale qui veut couvrir la famine et la
malnutrition des enfants au Niger ne sera plus
accréditée. Ainsi en a décidé le gouvernement par le
canal du ministère de la communication à travers un
communiqué en date du 4 avril dernier. Pourquoi une
telle décision ? Pourquoi maintenant ? Le Niger est-il
sous la menace d’une nouvelle crise alimentaire qu’on
veut cacher ? Tout porte à le croire, au regard de
l’éprouvante réalité que vivent au quotidien les
populations de certaines régions comme Tahoua, située
à environ 500 Km de Niamey.

Il est exactement 14h 30mn, ce jeudi 6 avril 2006,
lorsque nous avons entrepris de parcourir la zone
Tahoua-Tchintabaraden-Abalak. Un périple de trois
jours qui a permis à notre équipe de reportage de
toucher du doigt l’insoutenable spectacle offert par
les populations de cette région : des vieillards
tenaillés par la faim, couchés à même des nattes sous
des hangars à longueur de journée ; des femmes à pied
ou à dos d’ânes, parcourant de longues distances, à la
recherche de bois de chauffe ou de l’eau ; une
ribambelle d’enfants en haillons, le corps décharné,
le regard implorant, errant çà et là, à la quête d’une
poignée de nourriture, d’une pièce de monnaie ; des
cadavres d’animaux jonchant les abords des routes ;
des villages abandonnés par les bras valides fuyant la
misère...

Une litanie de complaintes

« La dernière campagne agricole n’a pas été
satisfaisante. Nous n’avons pas récolté assez de
vivres. Nos réserves sont épuisées depuis plusieurs
mois. C’est pourquoi le village est désert. Presque
tout le monde est parti. Il n’y a pas grand chose à
faire ici pour se procurer de l’argent et acheter des
vivres. Alors nous sommes livrés à nous-mêmes,
condamnés à vivre au jour le jour dans la précarité
et l’incertitude du lendemain », se plaint Abdoulaye
Ousmane, 32 ans, père de quatre enfants, habitant à
N’Kotayan. « Il y a 3 jours, mon mari a ramené quatre
mesures de mil qu’il a achetées à Tahoua avec l’argent
de bois de chauffe que j’ai vendu. Nous avons consommé
le tout en deux jours parce que nous sommes une
famille nombreuse. Nous n’avons plus rien et nous
n’avons pas encore mangé de la journée », renchérit
Algamiss Salawan, une femme de 24 ans, le visage
précocement ridé. assise au milieu de ses enfants, le
regard rivé sur des marmites au garage depuis
plusieurs jours.

Alhousseini Ismaila, un habitant de Edouk II, est plus
amer : « Notre souffrance est indescriptible. Nous
manquons de tout. Nous n’avons pas de nourriture, nous
n’avons pas d’eau. Ici, la vie est un enfer. Nous
n’arrivons plus à subvenir à nos besoins élémentaires.
Qu’y a-t-il de plus éprouvant pour un père de famille
 ? Parfois nos enfants se contentent de fruits de
jujubiers que nos femmes cueillent en brousse.
Aidez-nous ! », implore-t-il, avant d’enfouir son
visage dans un turban. Comme pour cacher son regard
insoutenable. Sa complainte est reprise par Arahmat
Weissan, une femme de 60 ans : « Mon mari est décédé
depuis longtemps. Je n’ai eu que des filles dont les
maris ont abandonné le village depuis la famine qui a
sévi l’année der-nière, sans nouvelles. Malgré mon
âge, je suis toujours en brousse à la recherche de
bois de chauffe que je vends pour les aider à nourrir
leurs enfants. Nous n’avons pas d’autre soutien. Tout
le village vit de cette façon, personne ne peut
secourir l’autre », confie-t-elle, entre deux soupirs.

A l’entrée du village de Intibijinguirt, un homme du
nom de Weissliman Bilal, 53 ans, père de huit enfants,
se détacha du groupe de vieillards assis sur des
nattes à l’ombre d’une case, et nous apostrophe. « Nous
ne disposons pas d’un seul grain de mil dans nos
greniers ! Si c’est des vivres que vous nous apportez,
vous êtes la bienvenue...Mais nous en avons assez des
gens comme vous qui viennent nous faire des promesses
qu’ils ne tiennent jamais », proteste-t-il. « Comprenez
sa colère ! Sa famille n’a pas mangé depuis deux
jours. Comme nous tous d’ailleurs », déclare sur un ton
plus conciliant, un quadragénaire du même village.

Iguelass Fongoni, un habitant de Tazaguezeguemet est,
lui, inconsolable. Eleveur de son état, il a assisté
impuissant à la mort de la moitié de son troupeau. Une
partie a bradée sur les mar-chés environnants, à cause
de la crise alimentaire qui a sévi l’année dernière.
Il n’a plus assez d’animaux à vendre pour se procurer
de vivres. « Si l’Etat ne nous aide pas avec des vivres
et des aliments bétail, vous ne trouverez plus
personne ici dans quelques mois », avertit-il.

Les enfants premières victimes

Cette situation, aussi alarmante et dramatique qu’elle
soit, est commune à la quasi-totalité des villages de
la région de Tahoua. Une zone déshéritée, chroniquement
déficitaire où se pratique une agriculture de
subsistance. Les cultures sont pratiquées sur des sols
dunaires, fortement dégradés au niveau des bas fonds,
ce qui ne permet pas l’in-filtration de l’eau. « La
situation risque d’être aussi grave sinon pire que
celle que nous avons connue l’année dernière. Les
récoltes n’ont pas été bonnes, parti-culièrement dans
la zone pastorale. Les animaux aussi manquent d’eau,
ce qui les oblige à se déplacer en permanence à la
recherche du précieux liquide », affirme Mme Housseini
Assibiti Akoteye, coordonnatrice de Tanakra (éveil en
tamashek), une ONG qui intervient dans l’Azawak.
D’autres ONG internationales interviennent également
dans la région dans le cadre de la lutte contre la
crise alimentaire et la malnutrition, déjà
perceptibles dans toute la région. CONCERN, une ONG
Britannique qui intervient au niveau de 15 sites, a
ouvert des centres de récupération d’enfants
malnutris. Selon M. Ben Trikcs, coordonnateur du
programme d’urgence de CONCERN, « 4800 enfants sont
pris en charge dans les dif-férents sites. Dans le
seul site de Tahoua, on dénombre 900 enfants
malnutris. Un chiffre en nette progres-sion », dit-il.
Les enfants y reçoivent, entre autres, du plumpy nut,
de l’Unimix, du CSB ...

La fédération internationale des Croix et Croissant
rouges intervient également dans cette région où elle
a ouvert des CRENAM dans 15 sites. « Au mois d’avril de
cette année, 1071 enfants y sont suivis », affirme Mme
Dalila Belarbi, une nutritionniste de ladite
organisation. Les enfants suivis reçoivent de Prémix
(farine sèche mélangée à l’huile) toutes les deux
semaines. Action contre la faim intervient pour sa
part dans deux départe-ments : Keita et Abalak. Elle a
ouvert un CRENI et un CRENA où elle a recueilli 60
enfants sévèrement malnutris. La liste est loin d’être
exhaustive, et dénote de l’urgence à intervenir dans
cette zone.

Gorel Harouna (envoyé spécial)

www.republicain-niger.com

Messages

  • Ce qui a été annoncé déja il ya plus d’un an est entrain d’arriver devant l’indifférence général.
    voici le dossier présenté par l’ACF "Action contre la faim " qui donnait la mesure du drâme à venir, ce qui n’a pas fait bougé pour autant les politiques.

    f sed

    MALI/NIGER :
    UN SILENCE SCANDALEUX
    Dossier de presse
    Juillet 2005

    Contacts presse :
    Katherine Vanfasse : 01 43 35 88 42 / kvanfasse@actioncontrelafaim.org
    Sylvain Trottier : 01 43 35 88 43 / strottier@actioncontrelafaim.org
    www.actioncontrelafaim.org
    Peut-on parler de famine ?
    Une famine qui peut encore être évitée
    Chronique d’une crise annoncée...
    MALI/NIGER :
    UN SILENCE SCANDALEUX
    • Deux pays parmi les plus pauvres du monde sont confrontés, une fois de plus, à une situation de vulnérabilité extrême, dans l’indifférence totale de la communauté internationale.
    Le Mali et le Niger font partie du Sahel, une zone de transition Est/ Ouest entre la zone de végétation plus au Sud et la zone désertique du Sahara au Nord.
    Les équipes d’Action contre la Faim-Espagne présentes sur le terrain ont constaté qu’au Nord du Mali et dans les régions de Tahoua et Maradi au Niger, plus d’un enfant sur trois âgé de moins de 5 ans souffre de malnutrition aiguë. Il s’agit là d’une situation critique qui exige une réponse immédiate de la communauté internationale afin de porter secours aux populations affectées qui se trouvent dans une situation de vulnérabilité extrême. Elles n’ont plus de ressources pour faire face aux conséquences de la sécheresse.
    L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la famine d’après les critères suivants :
    - taux de mortalité journalier supérieur à 2/10 000 enfants de moins de 5 ans
    - taux de malnutrition aiguë supérieurs à 20% de la population totale
    - des facteurs aggravants tels que les épidémies, l’accès à l’alimentation, les migrations forcées de populations
    Le risque de famine est donc extrêmement élevé, mais il est encore temps d’agir afin d’éviter une situation aussi dramatique. Il reste très peu de temps. Les indicateurs de l’OMS seront très rapidement atteints au cours des trois prochains mois si nous n’arrivons pas à augmenter le soutien direct aux populations ainsi que le soutien du système de santé, déjà insuffisant. Une véritable famine est en marche si nous n’intensifions pas l’aide pour le Mali et le Niger.
    Action contre la Faim Espagne a donné l’alerte il y a exactement 7 mois. Le Système d’Information Géographique (SIG) mis en place depuis 1997, permet de compiler des informations telles que la disponibilité des pâturages, les déplacements de populations, les taux de malnutritions, les habitudes alimentaires, ce qui permet de suivre de très près la vulnérabilité éventuelle dans la zone et donner l’alarme en cas de famine potentielle.

    .
    Ceci nous a permis de constater dès le début de l’année que la récolte de l’hiver 2004-2005 était la plus mauvaise depuis 1999. Dans certaines zones du Mali et du Niger, seuls 47% des pâturages habituels étaient disponibles. L’invasion de criquets pèlerins de la fin d’année a encore aggravé le problème.
    L’alarme a été donnée en décembre 2004 : une grave insécurité alimentaire allait avoir lieu en été, avec une vulnérabilité extrême de toute la région du Sahel. La réponse de la communauté internationale fût presque inexistante. C’est seulement aujourd’hui que les grands bailleurs de fonds se réveillent enfin...

    Une vulnérabilité structurelle...... caractéristique des crises oubliées

    La vulnérabilité dans cette zone est structurelle. Elle n’est pas le fruit du hasard, et n’est pas une fatalité ; elle a pour origine l’absence de mécanismes de gestion des crises, le manque d’investissement en infrastructures nécessaires pour le commerce et le développement social du Mali et du Niger, qui subissent encore les conséquences du conflit touareg des années 90. Le Sahel connaît des cycle de sécheresses récurrents et une vulnérabilité structurelle face aux phénomènes climatiques et au péril acridien.
    De plus, le Mali et le Niger sont des pays oubliés par la communauté internationale, qui réagit aux crises de manière ponctuelle et non sur le long-terme.
    La faible pluviométrie de l’année 2004 et sa mauvaise répartition au Mali, et dans certaines zones du Burkina Faso et du Niger ont provoqué :
    - une récolte très insuffisante, touchée de plein fouet par l’invasion de criquets de fin 2004
    - une pénurie de pâturages pour le bétail
    - une crue très faible du fleuve Niger
    Les pâturages pour le bétail, très rares du fait de la sécheresse, se régénèrent très lentement et uniquement dans certaines zones. De plus, les récoltes ne pourront avoir lieu avant octobre ; 3 millions de personnes se retrouvent ainsi dans une situation de vulnérabilité extrême. Les taux de malnutrition infantile sévère constatés chez des populations des zones de Tahoua et Maradi sont la manifestation la plus tragique de cette vulnérabilité.
    Action contre la Faim agit
    L’aggravation de la crise structurelle provoque des déplacements massifs de population, à la recherche de pâturages et d’eau pour les troupeaux, principale source de revenu.
    Action contre la Faim met en place des programmes d’urgence : programmes nutritionnels pour le traitement de la malnutrition aiguë des enfants de moins de 5 ans, distribution d’aide alimentaire pour le familles (plus de 4000 tonnes de nourriture pour les deux pays), réhabilitation et protection des points d’eau pour les personnes et le bétail, principal source de revenu des familles.
    Action contre la Faim appelle la communauté internationale à se mobiliser face à cette crise en tenant compte des moyens sanitaires existants et des initiatives de développement mis en place depuis plusieurs années.
    Intervention d’Action contre la Faim
    Intervention d’urgence : où, comment, pour qui ?
    région touchée
    NIGER
    MALÍ
    Intervention d’urgence :
    - soutien nutritionnel, réhabilitation de points d’eau, distribution de nourriture et campagnes de vaccinations pour le bétail.
    - Bénéficiaires : 91.000
    - Expatriés : 7
    - Financement programme : 1.365.000 € (ECHO, coopération américaine, fonds privés)
    Intervention d’urgence :
    - soutien nutritionnel, aide alimentaire
    - Bénéficiaires : 180.000
    - Expatriés : 11
    - Financement programmé : 3.000.000 € (ECHO, coopération américaine, AECI, coopération décentralisée espagnole, coopération française, fonds privés)
    IDH : 174ème sur 177
    Espérance de vie : 48,6 ans
    Population en dessous du seuil de pauvreté : 63,8%
    - IDH : 176ème sur 177)
    - Espérance de vie : 46 ans
    - Population en dessous du seuil de pauvreté : 63%
    Action contre la Faim travaille au Mali et au Niger depuis 1996 où elle met enplace des programmes de nutrition, eau, sécurité alimentaire et santé.

    Voir en ligne : www.actioncontrelafaim.org/pdf/DPMa...

    • Le compte rednu de ACF est precis. Les autorités Nigeriennes sont decidées cette année aussi à taire ce qui risque d’être une catastrophe alimentaire plus grave que celle de l’an dernier. Cela parce que le sort des populations ne les préoccupe pas. La politique que ce gouvernement menait avec les revendications identitaires berbères (Touarègues) est repris sous un autre registre : alimentaire. Mais le pire dans tout ça, c’est que la population continue cautionner ses bourreaux et de subir en silence ce crime. Alors les voix des sans-voix.

      kaocen

  • Juste un merci pour l’info top

    Toute la suite sera facile à lire, elle ne comportera plus de mots savants. Une chose est sûre, néanmoins, et est absolument vraie où que l’on se trouve sur notre planète : c’est que le tabac, sous toutes ses formes, quel que soit son mode d’utilisation, est de loin la première cause de faire un comparatif mutuelle senior. L’ail et l’oignon, les radis et la chicorée et enfin, le soja. Mais, posons-nous la question : que fait une cellule ? En réalité, deux types d’actions. Sans doute l’habitude du chercheur que je suis depuis bientôt trente ans. Source : fracture du pénis. Quand nous, français, mangeons un repas avec de la viande rouge, mangeons-nous la même chose que nos amis américains ? Encore une fois, pas du tout. Et, petit à petit, ces populations ont cessé de fabriquer cette galactosidase et ont de moins en moins consommé de lait puisqu’elles le digéraient mal.

Un message, un commentaire ?

Site en travaux

Site en travaux

Attention : un problème technique (serveur SQL) empêche l’accès à cette partie du site. Merci de votre compréhension.