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Flore de l’Ahaggar

Ichken n’ Ahaggar

mercredi 2 novembre 2005, par Faiza

La flore et la faune dans le Sahara central étaient il n’y a pas si longtemps riches et diversifiée, comme en témoignent les nombreuses représentations d’animaux sauvages et l’héritage culturel médical des peuplades nomades de l’Ahaggar. Ceux qui ont visité la région récemment y ont aperçu des kao-kao, des antilopes et une grande variété d’oiseaux qui vivent dans les zones tempérées. Checkib Abdessalam et Cybersahara nous proposent une description sommaire de l’état actuel de la faune Saharienne.

(Fred et Faiza)

Une longue désertification a éliminé ou transformé un grand nombre d’espèces végétales. certaines ont disparu laissant leur fossile, d’autres se sont adaptées.

Différentes armoises (taheregueli, aouhihat, zizeri, ...) takmazout ou akmazou, nombreuses espèces d’origine méditerranééne dans les plaines et basses montagnes, l’influence tropicale permet la présence d’arbres et arbustes comme les acacias, le calotropis et les balanites dans les dépressions périphériques, palmiers tamarix et drinn représentent la végétation type saharienne. La cohabitation d’origines différentes est maintenue grâce à la remarquable adaptation dévelopée par ces plantes depuis une haute antiquité géologique.

Adaptation - Endémisme

Des pins d’alep, des oliviers, des cyprès, des frênes couvrant les massifs de l’Ahaggar ?
Depuis les périodes plus clémentes, une longue désertification a éliminé ou transformé un grand nombre d’espèces végétales. Seules sont arrivées jusqu’à nous, celles qui, grâce à des dispositifs spéciaux d’adaptations ont pu surmonter des conditions de vie très dures ; devenues endémiques. Tel une grande île entourée de grands espaces désertiques, l’Ahaggar est biographiquement isolé. Le taux d’espèces végétales endémique y est très élevé.
Parmi celles-ci nous retrouvons par exemple, la lavande, la silène, le myrte, l’olivier de l’Ahaggar et le pistachier.
L’effort d’adaptation développé par ces plantes au long des bouleversements climatiques, est tel que des espèces ont perdu leur fonction essentielle : la regénération cela en fait les derniers survivants : des relictes.

L’olivier et le pistachier sont des exemples de relictes de l’Ahaggar.

Flore des gueltas

L’eau étant le facteur de toute vie au Sahara, les gueltas sont primordiales. une des principales originalités de l’Ahaggar. elles recèlent des relictes témoins vivants de flore et de faune autrefois beaucoup plus riche. Au bord de ces points d’eau, une flore particulière : mousses, lichens, menthe sauvage, roseaux, joncs tahli, chiendent, laurier rose poussent en abondance. Les eaux elles-mêmes recèlent algues et diverses plantes aquatiques.

L’homme et la nature

La flore de l’Ahaggar participe à l’équilibre du milieu naturel fait d’inter-relations constantes entre divers éléments qui y vivent et se développent. L’homme puise dans les plantes les ressources nécessaires à la vie. La flore est essentielle pour la faune domestique ou sauvage. les pâturages lui permettent de se développer tels Afezzou, Ibidibi, Tanakfaït, Touloult, Absegh, Adrilal, et Tamadjihi appréciés des chameaux. Les gazelles affectionnent les pâturages d’Alemmoz, acacia et coloquinte. Les fruits de ce dernier leur permettent de rester 3 mois sans boire. Il existe des plantes salées, propres à l’Ahaggar excellent complément aux meilleurs pâturages telles que Aramas [ou] Issin.

Beaucoup d’espèces [sont] utilisées en médecine traditionnelle. Le Takmazout y occupe une place importante ; les Touaregs disent qu’il contient 40 voire 70 remèdes (fièvre paludéénne, crises de foie, diarrhées, problème intestinal, coliques, diabète, etc...).
Le chih soigne les problèmes gastriques, intestinaux et le foie. Aghelachem soigne les grippes et les bronchites. Le Calotropis et le tamarix soignent la gale des chameaux.

Aux côtés de ces plantes bienfaitrices existent aussi des espèces toxiques. L’ Afelahlah, poison redoutable célèbre, utilisé par les Touaregs pour arrêter la colonne Flatters en 1880. L’homme a su tirer partie des plantes spontanées pour de multiples usages.

La Torha sert à la confection des piquets de tentes. Le Tachkat pour la construction des Zribas, le tannage des peaux. Le Tassa comme savon.

L’utilisation de la flore spontanée dans l’alimentation locale est d’importance relative, surtout utilisée en condiments ou arômates.

TATTAYT : fenouil sauvage

Famille Ombellifères

Fils du soleil, familier des régions naturelles Serkout, Tafedest et des contreforts de l’Atakor ; le fenouil souvage, aux cours des siècles s’est échappé vers le sud au Sahara central. On le rencontre au bords des chemins et près des villages, des campements de nomades et sur les rives des oueds.

Grande ombellifères élégante et vivace au larges feuilles découpées en molles et minces lanières et aux petites fleurs jaunes groupées, le fenouil comprend plusieurs variétés sauvages aux fruits plus ou moins doux poivrés ou amères. Connu sous le nom Tamahak de tattayt par les nomades sahariens, il est utilisé en médecine traditionnelle pour soigner plusieurs maladies. Le parfum aromatique et la saveur piquante de la plante sont dus a une essence riche en Anéthole, substance stimulante et digestive, présente surtout dans les semences. On l’utilise comme aromate et les traditions orales le mentionnent comme remède dans l’Ahaggar. Constitué d’huile essentielle, sels minéraux, vitamines A, B, C, aux propriétés : antispasmodique apéritif, digestif, diurétique, emménagogue, expectorant, galactagogue tonique, vermifuge, vulnéraire, et autres usages internes, externes, cosmétique, et vétérinaires. On l’utilise aussi pour parfumer la taguella (galette touareg cuite sous le sable).

(à suivre...)


Vous pouvez également visiter Sahara nature pour plus d’informations sur la flore saharienne.

Copyright : la permission de recopier cet article doit être obtenue auprès de cybersahara.

Messages

  • La medecine touarègue se base sur une dualité du chaud et du froid -tuksé vs tessemdé) que l’on retrouve dans les plantes et aussi dans les maladies . Consommer du chaud pour soigner une maladie froide et réciproquement. Seulement il n’est pas tjs évident de savoir la quqlité de cette plante pour les non initiés bien sur , une plante selon son utilisation peut être chaude ou froide. Les parties du corps aussi.

    Un ouvrage traite de ces questions et donnent de nombreuses références, l’ouvrage sur les medecines traditionnelles touarègues de J Hureiki . Si certins d’entre vous ont des informations ladessus, ce domaine m’intresse beaucoup, merci

    • c’est trés juste effectivement la médecine traditionnelle touareg et saharienne en général, se base sur cette dualité chaud froid, qu’il sagisse des plantes, des aliments, des aromates, des épices, de l’encens, des essences et du bois (sève, écorce, bois, feuille, branches) valable pour les espèces végétales, pour les espèces animales, mais aussi en ce qui concerne l’être humain : ainsi, on soignera quelqu’un de froid avec du chaud et inversement quelqu’un de "chaud" avec du froid... le sang notament de l’être humain peut être froid ou chaud... par exemple le lait est chaud, le lait caillé est froid, l’ambre est chaud, le musc est froid ou frais, etc... c’est comme ça que l’on soigne les plantes, les animaux (dromadaire ...) et les êtres humains, le sujet est vaste et la connaissance se fait par transmission orale, des siècles voir des millénaires de savoir à préserver.

      Voir en ligne : le froid et le chaud se soutiennent

    • Bonjour Mr Abdeselem

      j’étais ravie de vous retrouver Mr Abdeslem
      sur notre site de tamedourt enfin, j’aimerais bcp vous
      écrire directement, si vous pouvez me passer votre
      adresse email , j’ai pas réussi avec l’adresse de votre site, car j’aimerais bcp vous faire lire mes
      travaux, jusque là je suis en contact avec M Gast qui a la gentillesse de me lire et F
      borel (ethnomusicologie), car je prépare
      une thèse actuellement en anthropologie sur les
      pratiques religieuses et thérapeutiques en Ahaggar ,
      durant mes enquêtes combien laborieuses , j’ai pu
      receuillir des choses à ce sujet , et vous avez bcp
      manqué à l’opna, surtout quand la relève a été prise
      par des incompétents , je ne sais pas pour le nouveau directeur, j’espère que ca va s’ouvrir, car ca a été deserté ces dernières années, alors qu’il y a eu un héritage, mais enfin , c’est à l’état du pays
      et moi je n’ai pas eu la chance de vous rencontrer
      ces dernières années sur terrain , vs étiez déja parti et j’ai vu
      les nostalgiques du temps ou de jeunes chercheurs sillonnaient avec vous le hoggar, mais j’ai bcp entendu parler de
      vous , la preuve je vous suis à la trace. Je suis vraiment heureuse de vous lire sur notre site.

      et J’espère vous relire trés bientot, car j’aurais à vous
      soumettre des textes si vous avez le temps de me lire et
      corriger, j’ai entre autre un tableau sur l’utilisation des plantes médicinales en Ahaggar , sur les différenciations des maladies chaudes et froides et je vous pense compétent en la matière , ca serait vraiment trés
      gentil si vous pouviez m’aider comme vous l’avez tjs fait avec nos chercheurs, faiza Seddik

      de iman tamedourt nomade

  • Présentation de l’ouvrage par E Bernus

    HUREIKI, Jacques. 2000. Les médecines touarègues traditionnelles. Approche ethnologique. Paris : Karthala, 190 p.

    Ce livre présente un intérêt d’autant plus grand que l’auteur est un docteur en médecine et un ethnologue et que, par conséquent, il bénéficie d’un double regard sur des pratiques jusqu’ici presque toujours décrites par des spécialistes de sciences humaines, des missionnaires, des administrateurs ou des médecins. Dans son premier chapitre, J. Hureiki montre qu’ " entre Dieu et génies, entre feu sacré et feu de l’enfer, les médecines des Kel Tamasheq vont osciller entre paganisme et islam. La médecine, la religion et la magie sont étroitement imbriquées (... ). Le but de ce travail est une réflexion sur une problématique dont le champ est vaste. Il concerne les survivances païennes, le syncrétisme religieux, les confréries musulmanes et les emprunts contractés auprès de la modernité occidentale. " Ce travail est basé sur des données recueillies chez des Touaregs maliens réfugiés dans un camp de Mauritanie, chez des informateurs touaregs rencontrés ailleurs et sur une bibliographie très riche. J. Hureiki, en évoquant tous les auteurs qui ont fourni des renseignements sur la médecine touarègue, prouve qu’il n’a rien négligé, ni les auteurs arabes, ni les voyageurs ou les anciens comme le Dr Foley, récemment réédité, ni les récents travaux de médecins européens (Le Jean) ou touaregs, (Ousmane, Ag Hamahady).

    L’aperçu historique, qui est donné dans le second chapitre, permet de rappeler l’histoire des Touaregs à travers l’histoire des Berbères et celle de l’islamisation de l’Afrique du Nord et du Sahara. C’est ensuite une présentation des Touaregs : principaux groupes, structure et hiérarchie sociale, transmission des biens et du pouvoir. Bref, un condensé de ce qu’il faut savoir sur les Touaregs.

    Le troisième chapitre, intitulé La pensée touarègue ou le sens de l’équilibre, constitue le cœur de l’ouvrage. " Dans leur vision du monde ou celle de l’homme, une opposition entre deux éléments est omniprésente (...). Cette dualité, élément structurel de l’équilibre, se matérialise quand il s’agit du corps humain par une opposition entre les éléments physiques (chaud et froid) et, sur le plan surnaturel, par une dualité entre Dieu et les divinités païennes. " Les restes de cultes totémiques sont évoqués, mais leurs traces ont été recouvertes par l’islam. La conception du monde des Touaregs apparaît dans un texte recueilli par J. Drouin qui distingue trois mondes : le fond de la terre, domaine des génies, la surface de la terre et le monde divin céleste. Les génies peuvent faire surface par les orifices des puits ou des terriers et élisent domicile dans des lieux bien connus, en particulier certains arbres. Il existe un équilibre entre le soleil et la lune, entre le monde sacré du jour et le monde profane, sous la terre, nocturne, froid, peuplé de génies et d’infidèles. Les étoiles peuplent le monde souterrain avec la lune et constituent un monde symétrique et parallèle à celui des humains. Pour les Touaregs, les étoiles représentent des animaux ou leurs doubles ou l’incarnation de leurs âmes après la mort. L’apparition des constellations annonce les saisons et les périodes fastes et néfastes du calendrier. Les génies peuplent le monde souterrain et la partie sauvage du monde terrestre. Avec l’avènement de l’islam, une bipolarité du monde s’installe entre Dieu et Iblis. .......(Suite)

  • Tehot (présenté par sahara nature)salvadora persica

    Arbuste ou petit arbre à feuilles opposées, à inflorescences en longues grappes plus ou moins rameuses.

    Fleurs tétramères, à pétales vert-jaunâtre.

    Des rameaux flexibles partent directement des racines, tandis que le vieux bois produit des feuilles plus coriaces.

    L’arbre dégage une odeur légèrement écoeurante, le papillon Vanessa cardui (la belle dame) apprécie cet arbre.

    C’est l’arbre "brosse à dent", les jeunes rameaux ainsi que les racines sont utilisées pour se brosser les dents.

    Pour traiter les rhumatismes : on fait un trou dans le sol et on y allume un feu pour chauffer le sol, on éteint le feu, on enlève les braises, on y dresse un lit de feuilles de téhoc sur lequel on allonge la personne, on la couvre ce qui la fait transpirer, on la laisse environ une heure. On recommencera l’opération deux ou trois fois.

    Voir illustration dans sahara nature

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